De la musique avant toute chose ...
  • Bonjour,

    Bon ... je vais me présenter même si je déteste ça, car je suis comme un
    bernard-l'ermite perpétuellement recroquevillé au fond de sa coquille.
    Je suis timide, éreutophobe, petit, gros, chauve, j'ai un œil qui dit
    merde à l'autre, je pue de la gueule, j'ai une tache de vin sur la
    nuque, et de l'eczéma un peu partout sur le corps.
    Mais entre un grattage de croûtes et un lavage de chicots, de temps en
    temps, j'écris. Oh, rien de bien fulgurant, mais comme exutoire c'est
    quand même un peu mieux que l'acide chlorhydrique.
    Alors je m’étais dit que si un crabe violoniste comme vous, que-dis-je
    ! une cigale de mer chantait mes textes, et ben je serais le plus
    heureux des crustacés !
    J'aime la musique, c'est le Rimmel des mots.


    Amicalement,

    Dimitri Defrain.

    Adresse mail pour me contacter : dimitri.defrain@neuf.fr


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    Délices d’Alice (1995)


    Dans le sable silice
    Et son iris salace,
    En silence se glisse
    Ma pupille de glace.

    Dans le sable si lisse,
    Alice se délasse ;
    C’est pour elle un délice
    Quelque peu dégueulasse.

    Tout à coup se délisse
    De sa toison mélasse
    Un parfum de mélisse,
    Puis elle la délace…

    Et c’est alors qu’Alice,
    Poussant un cri fallace,
    Dévoile son calice
    Au crin doux et filasse.

    Là, s’enlise le vice,
    Jusque dans sa crevasse
    De couleur écrevisse
    Et par endroit lavasse…

    Son pistil se hérisse,
    Son iris me harasse ;
    Je cherche la matrice,
    Et mon os s’encuirasse…

    Donc je sors l’artifice ;
    Elle fait volte-face,
    J’écarte l’orifice ;
    Sa pupille s’efface…

    …Avant que je salisse
    Sa ventouse si lasse,
    Je quitte la silice,
    Et sa croupe salace…



    Hivernal (1995)


    J'ai fait ce vœu très éclectique ;
    Tous les soleils de l'univers
    Encerclaient comme un écliptique
    Mon cœur qui ne bat qu'à l'envers.

    Car dans ce chaos antarctique,
    La seconde se mue en vers
    Avides de chair apathique
    Et passe comme mille hivers ;

    Et quand vient le rayon optique
    Chargé des souvenirs bleus, verts
    De ton regard énigmatique,
    Mes yeux mouillés sont grands ouverts.

    Comment dormir quand l'esthétique
    De tes membres tout découverts,
    Peuple un sommeil épileptique,
    Alcôve aux supplices divers ?

    Ah ! dormir ! chimère caustique,
    Quand l'hiver me prend à revers
    Si souvent d'un râle, érotique
    Ainsi qu'en des songes pervers...



    Aliénation (1996)


    Je l'entends qui me brise, hé ! j'ai si mal ! ___Sanglots.
    Vague, la mer gronde (où ?). La rumeur de ses flots
    Bleus, gris, noirs ? en moi monte et soulève cruelle
    Mes souvenirs d'été, douleur perpétuelle.

    Mon spleen lèche les sols rouges, verts, jaunes, bruns,
    Les sols, rouges ! sableux ! Sur ma peau les embruns ;
    Baisers frais et mouillés ! Le reflet monotone
    De mon iris flamboie aux couleurs de l'automne !

    Ton rouge à lèvre rose et mon cœur éclaté !
    Automne, été (bleu, bleu, si blond), automne, été,
    L'hiver je m'en irai plonger dans ton squelette,
    Arborant fier, très fier, ta jupe violette.

    Mais tes cheveux blonds; blonds ! seront-ils toujours blonds
    Oh ! je le sais ! Déjà je les palpe, si longs !
    Ces cheveux, ces cheveux qui crèvent ma cervelle
    Dis, je la sentirai leur essence rebelle ?

    Automne, été‚ (bleu, bleu, si blond), automne, été,
    Mais le reflet joyeux de ton clin d'œil bleuté
    Bercera-t-il mon cœur en hiver ? et ta bouche
    Aura-t-elle raison de moi, rose et farouche ?




    Insomnie (1997)


    Perdu : sommeil. Combien de ces nuits blanches,
    Où le cerveau cerné de rêves blonds
    (Broyant du noir !), j’ai caressé tes hanches
    Aux frissons lents du bout de mes doigts longs ?

    De mots exquis je célèbre ta bouche
    (Que tu n’ouvrais que pour des esquimaux !)
    Son palais doux ! et sa langue farouche !
    Ses soupirs hauts ! sa denture d’émaux !

    …Déjà l’aurore et l’horreur boréale
    Emplit mes yeux dont le voile sanglant
    Vient effleurer, las, cette mer australe,
    Et ce soleil de ton iris cinglant.

    ………………………………………….

    Trouvé : cerveau (poids; mille cinq cents grammes),
    Perlé de Sang. Particularité :
    S’est écrasé sublime d’anagrammes
    Contre le mur de la réalité…




    En attendant le raz de marée (2002)


    Je suis tout empli de liqueur,
    C'est Hiroshima dans mon cœur,
    Ton départ est une tempête,
    C'est Nagasaki dans ma tête.

    Ah ! qu'il est bon de se cuiter,
    Puisque tu viens de me quitter,
    De crever sur l'oreiller rouge,
    Pour que plus rien jamais ne bouge!
    ..................................……………...

    Oh ! les glissements de terrains
    Qui m'enlisent ! __ Et de tes reins,
    Le string noir et son fol effluve
    Réveillent d'un mort le Vésuve !




    La Dernière Cigarette (2002)


    Entre tes doigts safran, roule le caporal,
    Glissent nos regards noirs au vide sidéral,
    Brisés par les regrets et la douleur fleurie,
    De tes poumons fanés à la chair équarrie.

    Doucement t'embrassant, couché sur le rebord
    Du lit blanc, je l'entends le démon qui te tord !
    A ta demande alors, d'une grâce infinie,
    J'écourte comateux, ta cruelle insomnie…

    Le briquet vient lécher ma bouche de fumeur :
    Avant que me foudroie une rose tumeur,
    Je vais à la fenêtre où la douleur suée
    S'évanouit soudain pour n'être que buée…

    Ma bouche à ton sein blanc et son joyeux babil !
    Diaphane ta main, chatouille mon nombril ;
    Dans ta robe je roule et déclame ma joie,
    Et ma joue amoureuse à ton rire rougeoie !




    Le non de la nonne (2005)



    Les fleurs de magnolia,
    Tamaris, camélia,
    Tubéreuse bleue, alysse ;
    Les volubilis ! , Alice,

    Tu les as tant repoussés
    De tes longs bras retroussés,
    En crachant sur toute éthique,
    Et blâmant mon corps étique !

    A me refuser ton con,
    Toujours en me disant "non !" ,
    Ainsi qu'une pure nonne,
    Te voilà comme une conne !

    Je te l'avais pourtant dit,
    Avec mon regard maudit ;
    " Obéis dans la démence
    A mon amour sans décence !"

    Et les fleurs d'eucalyptus,
    D'hibiscus et mes rictus,
    Ont pris racine en ta tombe,
    Pour enfin fleurir en trombe !




    La panne des sens (2005)


    Les souvenirs dansants
    Et les parfums d’encens
    Me rappellent les tresses
    Ondulant sur tes fesses,

    Poupardes sous ton jean
    Moulant ! Et dans le gin,
    Mes cellules nerveuses
    S’abandonnent rêveuses…

    Je fais le joli cœur
    Noyé dans la liqueur
    Et parsème tes cendres
    De quelques baisers tendres…

    Oh ! mon petit biquet !
    Dans la main un briquet,
    Je hurle sans décence
    Et m’asperge d’essence !



    Onomatopée d’un disque rayé


    Mon assassin encensé,
    Ô matassin insensé,
    Viens, déchire mes fibrilles
    De tes poings lourds et fébriles !

    Moleste-moi, sans répit,
    Vas-y, surtout sans dépit,
    Et qu’à ma bouche qui mousse,
    Jamais ton fiel ne s’émousse !

    Plonge-moi dans le coma,
    Mon tendre amour, d’un trauma
    Fulgurant ! Mon bel ivrogne,
    Jusqu’au bout de la nuit… cogne !

    Boum ! paf ! au petit matin,
    A ton râle si mâtin ,
    Inerte, aux coups je m’adonne,
    Avec des ris de madone !

    ………………………………………………………………….

    Criiiitch, scraatch ! Le disque est rayé,
    Et notre horizon noyé :
    Ce n’est, idole phtisique !
    Non, plus la même musique …

    Trinité Marignant,
    le 26 juillet 2003.

  • Bonjour Dimitri , bienvenue

    il sont vraiment pas mal tes texte , je dirais même plus il sont bien
    un grand bravo